Société
vendredi, 10 février 2017 10:01

APRES DEME, CONFESSION D’AUTRES MAGISTRATS : LES GERMES D’UNE REBELLION EN PHASE D’ECLOSION

Écrit par

Le malaise est profond dans la magistrature. La sortie de Ibrahima Hamidou Dème avec sa démission fracassante du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) a dopé et donné plus d’envie à ses confrères pour ne plus courber l’échine devant l’exécutif. Quatre magistrats de haut rang rencontrés bourdonnent de colère. Ils tempêtent contre le président de l’Union des Magistrats du Sénégal (UMS) mais aussi contre le Garde des sceaux pour ses «attitudes inquisitrices». Ils sont unanimes à reconnaître en substance que «dans un pays, si la Justice n’est pas libre, tout le monde est en danger».
Après Dème, confession d’autres magistrats : Les germes d’une rébellion en phase d’éclosion
Le hiatus entre la base et la hiérarchie est très marqué. Même au sein de cette hiérarchie, il y a de sérieuses frictions. La colère est tellement feutrée qu’elle frise l’implosion ou qu’elle pourrait intervenir tout prochainement. Une discussion détendue avec des magistrats de haut rang, d’une respectabilité reconnue et incontestée a permis de prendre le pouls du malaise.
«Quand Sakho était président, ils ont voulu nommer le procureur de Dakar par une consultation à domicile mais il a refusé et a tenu à préciser qu’il y a des mesures qui ne peuvent pas passer par des consultations à domicile qui ne garantissent aucune transparence», témoigne notre premier interlocuteur. Pour lui, «il n’a aucun débat dans cette procédure. On donne une feuille à chaque membre qui met «avis favorable ou défavorable».
Le Ministre est décrié, houspillé. Les magistrats dénoncent «ses instrumentalisations, ses attitudes inquisitrices» dans certains dossiers jugés sensibles.
«Dans notre travail, on n’a pas le droit de voir si le président ou un ministre est content ou pas ce n’est pas notre problème. Dans un pays si la Justice n’est pas libre, tout le monde est en danger», a déclaré un magistrat même d’une des plus grandes institutions de la Justice. Il a convoqué Montesquieu qui dit que «tout homme qui a du pouvoir est tenté d’en abuser jusqu’à ce qu’il rencontre un autre pouvoir». L’exécutif est, selon lui, tenté d’abuser de son pouvoir si la Justice ne le freine pas, il ira jusqu’au bout.
Des magistrats carriéristes pointés du doigt
Ce qui gène le plus les magistrats, c’est la perception d’une «Justice aux ordres du pouvoir, d’une Justice manipulée». L’un de nos interlocuteurs de regretter le fait que «la population met tout le monde dans le même sac or, ils sont nombreux à tenir à sauvegarder leur dignité, à dire le droit, strictement le droit sans parti-pris».
Entre autres dossiers qui jettent le discrédit sur le corps de la Magistrature, c’est l’affaire Bamba Fall. «Il ne devrait jamais y avoir un placement sous mandat de dépôt. Le délit de tentative d’assassinat est exagéré». Ils s’interrogent sur les éléments du dossier qui peuvent justifier ce chef d’inculpation. Encore plus grave, a-t-il argumenté, Bamba Fall est maire de Médina, il est régulièrement domicilié à Dakar, la Justice n’a pas besoin de le mettre en prison parce qu’il peut être convoqué à tout moment.
Les magistrats sont trop nombreux à condamner le mutisme du président de l’UMS. «Le bureau mais surtout le président est trop amorphe. Si on en est arrivé là, c’est parce qu’il n’y a aucun rempart devant ces gens». Dans les cérémonies et autres moments de rencontres entre magistrats et acteurs de la Justice, c’est un sujet favori. Ils disent avoir l’impression que Maguette Diop évite même ses pairs. «Nous ne pouvons pas comprendre de quoi il a peur. Le magistrat est un fonctionnaire quasi inamovible, or ces membres de l’exécutif sont là pour une période précise», s’interrogent ses collègues de la Cour suprême.
Les magistrats accusent le président de la Cour suprême Mamadou Badio Camara d’être l’homme lige du président de la République. Une très large frange regrette déjà les anciens présidents de l’UMS qui n’hésitaient pas à aller au front pour défendre le corps qui aujourd’hui n’est plus en sécurité à cause de textes mais aussi d’agissements graves et attentatoires par rapport à la démocratie.
pressafrik.com

Lu 113 fois Dernière modification le jeudi, 16 février 2017 14:26

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Senwebactu TV

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rubriques

Presse Nationale

Presse Internationale